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Des cartes antiques étonnantes
les portulans

   
Carte de l'Antarctique dressée par le cartographe Oronteus Finaeus en 1531
Carte de l'Antarctique
par Oronteus Finaeus
en 1531
Carte de l'Antarctique dressée par le cartographe crétois Giorgio Calopodio en 1537
Carte de l'Antarctique
par Giorgio Calopodio
en 1537
Carte de l'Antarctique dressée par le cartographe français Philippe Buache en 1739
Carte de l'Antarctique
par Philippe Buache
en 1739

Les cartes ci-dessus sont des portulans de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance. Ils représentent le continent antarctique sans sa calotte glaciaire actuelle dont l'épaisseur est d'environ 1500 mètres et qui date de près de 10.000 ans avant notre ère. Ce sont des portulans établis par le cartographe Oronteus Finaeus en 1531, le cartographe crétois Giorgio Calopodio en 1537 et le cartographe français Philippe Buache en 1739. Comment ces cartes « impossibles » peuvent-elles exister alors que l'on n'a découvert l'Antarctique qu'en 1818 ?

   
Carte de l'Antarctique dressée par les russes au début du 19ème siècle. 
L'Antarctique n'y est pas représenté car il était inconnu à l'époque.
Carte de l'Antarctique
dressée par les russes
au début du 19ème siècle.
Le continent antarctique
était inconnu à l'époque.
Carte de la calotte glaciaire de l'Antarctique telle qu'on la représente actuellement 
dans les atlas de géographie (1998 - Larousse).
Carte de la calotte glaciaire
de l'Antarctique
telle qu'on la représente
dans les atlas
de géographie.
Carte de l'Antarctique dressée au cours de l'année géophysique 1958 par sondage sismique.
Carte de l'Antarctique
dressée
au cours de
l'année géophysique 1958
par sondage sismique.

Comparez la forme du continent antarctique dessiné sur les 3 portulans avec la carte ci-dessus à droite, établie par sondage sismique lors de l'Année Géophysique Internationale en 1958. La carte de gauche a été établie par les russes avant 1818. Elle montre la même région, mais le centre de la carte est vide car le continent antarctique était inconnu à l'époque.


Les mystérieux portulans

Il existe un groupe d'objets étranges qui remet en cause nos connaissances cartographiques. Il s'agit des portulans et particulièrement de celui de Piri Reis. Dans le Topkapi, ancien palais impérial d'Istanbul, un extraordinaire document est conservé depuis plusieurs siècles : c'est une carte géographique dressée par l'amiral turc Piri Reis en 1513.

Une observation rapide permet de se rendre compte que cette carte représente : la côte occidentale de l'Afrique, la côte orientale de l'Amérique du Sud et surtout, chose étrange, tout en bas, le début des côtes atlantiques de l'Antarctique. Pour ces dernières, c'est d'autant plus surprenant que ce continent ne fut officiellement découvert, comme nous l'avons vu plus haut, qu'en 1818, soit plus de trois siècles plus tard. Comment Piri Reis a t-il pu dresser cette carte en 1513 ? Quels instruments a t-il utilisés et d'où lui venaient les connaissances du mode de calcul de la longitude et de la trigonométrie sphérique, toutes choses qui n'ont été découvertes (ou re-découvertes ?) que plusieurs siècles plus tard.

 
Le Palais Impérial de Topkapi à Istanbul où est conservé le portulan dessiné par Piri Reis en 1513.
Le Palais de Topkapi à Istanbul
où est conservé
le portulan de Piri Reis.
La carte géographique dessinée par l'amiral turc Piri Reis en 1513.
L'étrange carte géographique
dessinée en 1513
par l'amiral turc Piri Reis.

Piri Reis l'explique dans les commentaires qui accompagnent sa carte. Pour dresser ce portulan, il s'est servi de plusieurs documents très anciens dont on ne connait pas l'origine. S'agit-il de ces fameuses cartes marines, étonnantes et inexplicables, datant de plusieurs millénaires, et qui auraient été établies par de mystérieux Rois des Mers à une époque où le continent antarctique n'était pas encore sous des milliers de mètres de glace. Auraient-elles été dressées à l'aide de calculateurs astronomiques analogues à celui retrouvé à Anticythère et dont la précision est équivalente à celle des instruments de navigation modernes ?

Pour naviguer il y a près de 10.000 ans sur toutes les mers du globe et établir des cartes précises des continents de l'époque, ces mystérieux et légendaires Rois des Mers ont eu besoin d'instruments de navigation extrêmement sophistiqués. Or, à l'époque, en principe, la boussole n'existait pas puisqu'elle a été découverte par les chinois au début de notre ère.

Selon toute vraisemblance, les cartes originales entreposées à la Grande Bibliothèque d'Alexandrie, établies avec ces instruments sophistiqués de navigation dignes de nos équipements modernes, ont été copiées, compilées et sans doute transférées dans les cités les plus rayonnantes comme Constantinople qui fut reprise en 1204 par les grands navigateurs Vénitiens, puis diffusées d'une manière très confidentielle. Ces portulans avaient non seulement une très grande valeur marchande mais ils étaient également du plus haut intérêt sur le plan militaire et commercial.

Tous ces éléments semblent donc bien démontrer qu'il a existé, il y a près de 10.000 ans avant notre ère, une civilisation inconnue possédant : une connaissance des mathématiques extrêmement sophistiquée (Trigonométrie sphérique, Translation trigonométrique, Projection cordiforme, Conversion de coordonnées polaires et rectangulaires, et une parfaite connaissance de la rotondité de la Terre).

Cette civilisation antique devait possèder des instruments de mesure très précis permettant de mesurer notamment la longitude avec une finesse atteinte seulement à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, des moyens de navigation qui nous sont inconnus, et des navires robustes. Certains experts affirment même que la précision des tracés n'a pu être obtenue qu'à l'aide de relevés aériens... C'est seulement à cette époque que l'homme serait sorti de ses grottes et aurait commencé à se « civiliser » au Moyen-Orient (est-ce une coïncidence ?). Or il semble bien que toute la planète ait été cartographiée bien avant.

De plus, il faut souligner le fait que ce ne sont pas seulement des cartes côtières, car on y trouve également les chaînes montagneuses à l'intérieur des continents avec leurs altitudes ! En plus d'être de fameux marins, ils devaient également être de très bons explorateurs.


La mythique Atlantide n'est peut-être pas un mythe

Cette civilisation inconnue a disparu. Elle a transmis, sans doute aux Egyptiens, des bribes de ses connaissances mais pas son savoir-faire... Etaient-ce les Phéniciens, les Crétois ? L'hypothèse de la légendaire et si controversée Atlantide ne mériterait-elle pas d'être réexaminée ?

Nous avons tendance à ne comprendre la civilisation que comme un phénomène global, or ce que nous savons de l'antiquité nous montre que la connaissance n'était pas partagée, mais réservée à une élite dirigeante dont le pouvoir était justement assis sur cette supériorité. Etait-ce là aussi un héritage de cette civilisation qui, contrairement à nous, n'a pas voulu exploiter de manière intensive les ressources de notre Terre nourricière, pour des raisons religieuses par exemple ?


Un monde disparu sous l'Antarctique ?

Les Grecs et les Romains, et avant eux les Sumériens et les Babyloniens, concevaient le monde habité comme une grande île, plus ou moins circulaire, entourée par le fleuve Océan qui coulait autour d'elle. C'était notamment la vision de Platon (428 à 347 avant JC) à qui nous devons ce que nous connaissons de l'Atlantide. L'analogie avec l'Antarctique de la fin du pléistocène, une grande île autour de laquelle coule un courant océanique, est ici tout à fait remarquable.

On peut s'en convaincre lorsqu'on examine les planisphères anciens et plus encore ceux de la fin du Moyen-Âge et de la Renaissance, tels ceux établis par les cartographes Oronteus Finaeus en 1531, Giorgio Calopodio en 1537 et Philippe Buache en 1739 (voir plus haut). On voit clairement que ces planisphères représentent l'Antarctique tel qu'il apparaissait à la fin du pléistocène, avec le pôle Sud déplacé en direction de l'Australie et un niveau de la mer plus bas qu'actuellement.


Etudes critiques des cartes de Piri Reis

Les cartes de Piri Reis font l'objet de nombreuses controverses et querelles d'experts. On a supposé que Christophe Colomb (né à Gênes en 1451 - mort à Valladolid en 1506) avait utilisé le portulan de Piri Reis pour découvrir l'Amérique. Ceci semble impossible, ce portulan ayant été dressé par Piri Reis après la mort de Christophe Colomb. D'autres chercheurs affirment, au contraire, que Piri Reis aurait réalisé son portulan à partir d'un assemblage de plusieurs cartes de Christophe Colomb. Nous examinons ci-dessous ces différentes hypothèses.

Dans son livre « The tale of two admirals - Columbus and the Piri Reis Map of 1513 » (Mercator's World, mai-juin 2000) Gregory C. McIntosh a examiné en détail les énigmes posées par la carte de Piri Reis et a démontré qu'elle pourrait correspondre à un assemblage de plusieurs cartes de Christophe Colomb. Il déclare, notamment, que les Îles Vierges auraient été reprises sur deux cartes distinctes et qu'elles semblent représentées en double sur le portulan. Il fait remarquer également que plusieurs noms de ports ou d'îles semblent directement empruntés aux cartes de Colomb.

D'autres chercheurs expliquent que, pendant des siècles, les cartographes ont dessiné une côte australe, selon la seule hypothèse qu'une telle terre devait logiquement exister dans cette partie du globe. D'après ces chercheurs, la ressemblance avec l'Antarctique serait alors pure coïncidence sur la carte de Piri Reis.

 
Aspect du portulan de Piri-Reis après restauration.
Aspect du
portulan de Piri-Reis
après restauration.
Le portulan de Piri-Reis comparé à des cartes modernes.
Le portulan de Piri-Reis
comparé à des
cartes modernes.

Certains scientifiques comme Steven Dutch (The Piri Reis Map) pensent que l'assemblage de cartes réalisé par Piri Reis aurait provoqué une distorsion au niveau de Curitiba au Brésil, et que le dessin ne représenterait pas l'Antarctique mais la côte sud du Brésil, de l'Uruguay et de l'Argentine.

On peut constater sur les comparaisons ci-dessus faites entre le portulan de Piri-Reis et des cartes modernes que l'on retrouve effectivement à gauche la côte orientale de l'Amérique du Sud et à droite les côtes occidentales de l'Afrique, de l'Espagne et du Portugal et de la France. Tout en bas, on peut bien sûr interprêter le dessin comme étant la côte sud du Brésil, de l'Uruguay et de l'Argentine plutôt que le début des côtes atlantiques de l'Antarctique. Toutes ces conclusions nécessiteraient cependant une étude plus poussée.


Les recherches actuelles en Antarctique

Pendant l'Année Géophysique Internationale qui dura en fait 18 mois du 1er juillet 1957 au 31 décembre 1958, 12 nations ont établi 50 observatoires sur le continent antarctique. Il s'agit probablement du plus grand effort de coopération internationale dans le domaine scientifique. Ce climat de coopération a favorisé la signature du traité de neutralité antarctique en 1959.

Au cours des dernières décennies, différents forages profonds ont été réalisés au Groenland et en Antarctique. Le but était de remonter le temps en faisant des carrotages dans la glace et en les analysant. En Antarctique, le carottage réalisé à Vostok, à partir de 1983, est descendu jusqu’à 2.083 mètres, couvrant une échelle de temps de plus de 400.000 ans.

Plus récemment, les carottes obtenues à une profondeur de 3.260 mètres au Dôme C sont vieilles de plus de 800.000 ans. A Vostok, la reconstruction des températures confirme que les périodes chaudes et froides qui ont marqué les dernières centaines de milliers d’années et entraîné hausses et baisses du niveau des mers sont initiées par les variations de l’insolation – la quantité d’énergie solaire reçue sur Terre – liées au mouvement de notre planète par rapport au Soleil, ce qui était connu des astronomes et confirmé par l’étude des sédiments marins.

Les profils de température et ceux du niveau des mers sont bien corrélés, ce qui témoigne de la représentativité des archives glaciaires. Mais, grande première, les données de Vostok ont permis de mettre en évidence le lien entre les variations du climat et celles des Gaz à Effet de Serre (GES) tels que le dioxyde de carbone et le méthane, présents dans notre atmosphère, lien qu’avaient suggéré des physiciens comme Fourier et Arrhenius il y a plus d’un siècle.

L'Année polaire internationale (API) 2007-2008 a donné lieu au plus important programme international de recherche scientifique jamais entrepris à la fois sur l'Arctique et sur l'Antarctique. Des milliers de scientifiques et de chercheurs de plus de soixante pays du monde entier participent au programme de l'API, qui a débuté en mars 2007. Les recherches scientifiques entreprises concernent principalement les répercussions des changements climatiques et l'adaptation nécessaire qui en découle pour notre civilisation.